Aujourd'hui, c'est la tempête! Une dépression nommée Joelle passe sur nous

Pas de plongée, bloqués à bord, en faisant le dos rond dans le roulis, le tanguage.

J'en profite pour revenir sur un ensemble d'observations faites aux cours de nos plongées.

Beaucoup d'organismes sont peu visibles, différentes stratégies ou le hasard des formes et des couleurs leur permet de disparaître, gage d'une survie plus longue à l'abri des prédateurs.

Des vers appelés Eunices fabriquent des conduits dans lesquels ils vivent.

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 copyright MNHN Alain BARRERE


intérieur d'un tube d'Eunices

Ces tubes d'Eunices sont fixés sur un substrat dur et s'érigent sur une longueur d'environ 20 cm. Ils sont donc normalement très visibles, mais leur surface est colonisée par une multitude d'organismes (éponges, bryozoaires, hydraires, ascidies).

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surface d'un tube d'Eunices

Ces organismes profitent d'une surface nouvellement formée par les vers et ainsi ces tubes d'Eunice se fondent dans le substrat. Evidemment rien n'est décidé, c'est le hasard qui a fait rencontré ce nouveau support avec les larves des organismes colonisateurs.

Parfois, le camouflage est actif!

Nous avons collecté certains crabes qui ramassaient ou découpaient des fragments d'algues de la même couleur qu'eux et qui les fixaient à l'avant de leur corps cassant ainsi la forme typique d'un crabe et se rendant donc moins visible.

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 copyright MNHN Alain BARRERE
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Celui là a découpé patiemment un bryozoaire du genre Crisia et s'est recouvert le corps et les pattes.

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détail des pattes

Autre exemple que ce Mollusques bivalve vivant sur un hydraire.

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C'est sans doute un lamellibranche appartenant à la famille des PTERIIDAE et du genre Pterelectroma. La robe de sa coquille copie presque parfaitement la structure foliacée de l'hydraire (comme les nervures d'une feuille)!



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détail de l'hydraire

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détail du bivalve

Là aussi, pas de choix de la part des organismes, c'est le hasard des mutations génétiques qui a permis un phénotype (ensemble des informations génétiques exprimées) aussi proche du support (hydraire). Cette ressemblance rend moins visible le Mollusque et lui confère donc un avantage sélectif (il est moins victime de la prédation et peut donc plus se reproduire, ses allèles seront plus présents dans la nature).