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Our Planet Reviewed - Expedition Papua New-guinea

L_implication_des_zoos_dans_la_conservation_des_especes_animales_de_Papouasie_Nouvelle_Guinee

L'implication des zoos dans la conservation des espèces animales de papouasie nouvelle-guinée

Niveau collège - lycée

Approche SVT

 

Objectifs:

Les documents suivants visent à montrer, à partir d’exemples concrets, de quelle manière l’homme s’investit pour protéger certaines espèces animales de Papouasie Nouvelle-Guinée. La conservation de ces spécimens repose, entre autres, sur l’action coordonnée et le travail de scientifiques des parcs zoologiques du monde entier, dont par exemple, la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris.

Contexte :

 

Provinces indosésienne et papouasienne de Nouvelle Guinée

Provinces indosésienne et papouasienne de Nouvelle Guinée

 
Quelques exemples d’espèces présentes en Papouasie Nouvelle-Guinée

Quelques exemples d’espèces présentes en Papouasie Nouvelle-Guinée

 

* Il s’agit d’une liste d’espèces endémiques de Papouasie Nouvelle Guinée (partie orientale), et non de toute la Papouasie (incluant aussi la partie indonésienne).

 

Légendes :

AZA : Association of Zo.so and Aquaria (Amérique du Nord)

EAZA : European Association of Zoos and Aquaria

Degrés de menace suivant l'UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature) : suivant les critères de la Liste rouge de l’UICN, chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l’une des neuf catégories suivantes : Eteinte (EX), Eteinte à l’état sauvage (EW), En danger critique (CR), En danger (EN), Vulnérable (VU), Quasi menacée (NT), Préoccupation mineure (LC), Données insuffisantes (DD), Non évaluée (NE).

La classification d’une espèce ou d’une sous-espèce dans l’une des trois catégories d’espèces menacées d’extinction (CR, EN ou VU) s’effectue par le biais d’une série de cinq critères quantitatifs qui forment le coeur du système.Ces critères sont basés sur différents facteurs biologiques associés au risque d’extinction : taille de population, taux de déclin, aire de répartition géographique, degré de peuplement et de fragmentation de la répartition.

(Source UICN http://www.uicn.fr/La-Liste-Rouge-des-especes.html)

 

 

 

 

Les parcs zoologiques s’investissent de plus en plus dans la conservation des espèces et des milieux :

 

  • soit directement par l’initiation, la participation technique, financière à des programmes de conservation de terrain (conservation in-situ), comme nous le verrons pour le dendrolague de Matschie ;
  • soit par l’élevage en captivité d’une espèce menacée (conservation ex-situ) en vue de sa réintroduction ou du renforcement de ses populations sauvages ;
  • soit par l’élevage de cette espèce ou d’espèces représentatives du milieu concerné pour les utiliser comme « porte-drapeau » afin de promouvoir des programmes de conservation sur le terrain et aider à les financer.

 

Les documents suivants présentent différents niveaux de programmes qui s’appuient sur quelques espèces listées dans le tableau ci dessus.

Document 2 : La conservation globale : l’exemple du dendrolague de Matschie

L'espèce la plus symbolique du travail des zoos pour la conservation dans la région de PNG est sans aucun doute le dendrolague de Matschie. Ce kangourou arboricole est endémique à la péninsule de Huon, dans le nord-est de la PNG. 

Il est l'objet de toutes les attentions des zoos et de la communauté internationale de la conservation. Le CBSG (Conservation Breeding Specialist Group), un des groupes de l'UICN, a organisé sur place, en 1998, une évaluation de la viabilité de cette espèce et de son habitat.

 

Couverture du rapport de l’évaluation concernant le dendrolague de Matschie

Couverture du rapport de l’évaluation concernant le dendrolague de Matschie

 

 

 

Les participants étaient majoritairement des "locaux", y compris des propriétaires terriens dans l'aire de distribution du dendrolague de Matschie. A cet atelier ont pris part, parmi les 47 participants, 13 propriétaires terriens, sachant qu'en PNG la nature ("wildlife") est la propriété de ces personnes et non du gouvernement. Il est essentiel en effet dans ce type de démarche d'impliquer les habitants, les responsables locaux, les membres du gouvernement en plus des scientifiques locaux et internationaux.

L'un des résultats essentiel de ces ateliers est la collecte d'une énorme quantité d'informations non publiées, venant de toutes les sources possibles : propriétaires terriens, chasseurs, scientifiques, chercheurs de terrain, professionnels de zoos... toutes informations d'égale importance. En plus de "l'état des lieux" concernant six espèces de dendrolagues présentes en PNG, une liste des menaces avérées et potentielles est établie, permettant des projections et des propositions d'actions.

Le CBSG dans ce cas a un rôle de facilitateur. Il fournit des outils d'analyse qui permettent de tester différentes hypothèses de mesures à prendre, en fonction des données recueillies. 

Les conclusions de cet atelier ont été, parmi d'autres : 

 

  • renforcer la formation des Rangers du Département de l'Environnement et de la Conservation (DEC) de la Papouasie-Nouvelle-Guinée ;
  • lister les zones de protection (WMA = Wildlife Management Area) et produire une newsletter entre les comités des différentes WMA ;
  • contacter les communautés locales et discuter sur les pratiques agricoles souhaitables, la possibilité d'écotourisme ;
  • envisager la possibilité de rendre la propriété des animaux détenus en zoos à la Papouasie-Nouvelle-Guinée ;
  • coordonner et renforcer les élevages en captivité à partir des animaux détenus par les zoos, essentiellement d'Amérique du Nord et d'Australasie à cette époque. La conséquence a été le renforcement du programme prioritaire nord-américain, initié en 1987. Fin 2010 la population captive en Amérique du Nord comptait 56 individus et seulement 6 en Europe, dont un couple au Zooparc de Beauval et 2 couples à Cologne.

 

 

 

Dendrolague de Matschie

Dendrolague de Matschie

© ZooParc de Beauval

 
Dendrolague de Matschie

Dendrolague de Matschie

© ZooParc de Beauval

 
Si le dendrolague de Matschie est l'objet d'un studbook et d'un programme d’élevage en captivité en Amérique du Nord (SSP), les recommandations d'élevage concernent toutes les espèces de dendrolagues maintenues en captivité. En Europe, un programme équivalent est géré par le zoo de Krefeld (Allemagne), en étroite collaboration avec le SSP. Un programme existe aussi en Australie pour le dendrolague de Goodfellow, géré par le zoo d'Adélaïde.

Bien sûr les zoos impliqués soutiennent fortement les programmes existants de protection et conservation en PNG. En particulier, le Woodland Park (Seattle) a initié un programme (TKCP = Tree Kangaroo Conservation Program), auquel participe entre autres le Zooparc de Beauval. Le TKCP a permis en 2009 la reconnaissance par le gouvernement de la PNG d'une aire de conservation « la Yopno-Uruwa-Som Conservation area (YUS CA) », d'une superficie de 72 000 ha, qui inclut 45 villages avec près de 10 000 habitants. Les efforts portent surtout sur la collaboration sur le long terme avec les communautés locales.
Couverture du rapport annuel du programme de protection du dendrolaque de Matschie

Couverture du rapport annuel du programme de protection du dendrolaque de Matschie

 

 

 

Notons que, malgré tous ces efforts, le dendrolague de Matschie est passé du statut UICN « VU » (vulnérable) en 1998 à « EN » (en danger) en 2008; gageons cependant que le récent TKCP avec le YUS, et le soutien de nombreux zoos lui permettra de retourner assez rapidement au statut VU.

Document 3 : la conservation ex-situ

En prenant l’exemple de la Ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, nous citerons deux espèces d’Oiseaux emblématiques de la PNG : le casoar à casque et le goura de Sheepmaker.

Document 3a : Exemple du casoar à casque

La Ménagerie élève un couple de casoar à casque: le mâle est arrivé en 2004 du parc des Oiseaux (Villars-les-Dombes) et la femelle en 2006 du zoo de Paignton (R-U). 

 

 

<i>Casuarius casuarius</i> en captivité à la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris

Casuarius casuarius en captivité à la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris

© F. Grandin, MNHN

 

 

II s'agit d'une espèce extrêmement difficile à faire reproduire, ces oiseaux forestiers solitaires ne se tolérant que pour l'accouplement et devant être séparés le reste du temps. Jusqu'ici, ce couple ne s’est pas reproduit et il est à souligner que, sur l'ensemble de la population européenne (55 mâles, 55 femelles), seules 23 naissances dont les jeunes ont vécu ont été enregistrées entre 2005 et 2009 (et seulement 2 en 2009!).

Les casoars sont l'objet d'un programme d'élevage en Europe, géré par le zoo d'Alphen aux Pays-Bas, qui ne concerne pour l'instant que le casoar à casque (Casuarius casuarius) qui est présent dans le sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

 

Couverture du programme européen d’élevage du casoar

Couverture du programme européen d’élevage du casoar

 

 

Il existe également deux autres programmes d’élevage du casoar à casque, l’un en Australie (géré par le Cairns Tropical Zoo), et l’autre en Amérique du Nord (géré par le zoo de San Diego).

Document 3b : Exemple du goura de Sheepmaker

 

Goura de Sheepmaker

Goura de Sheepmaker

 

 

 

La Ménagerie, zoo du Jardin des Plantes du Muséum national d'Histoire naturelle élève depuis deux décennies le goura de Sheepmaker, avec de nombreuses reproductions. Les jeunes ainsi élevés sont ensuite « distribués » dans d’autres parcs zoologiques participant au programme européen d’élevage. 

La population dans ce type de programme est suivie individu par individu permettant l’établissement d’un livre généalogique (studbook), outil qui permet l’analyse génétique et démographique de cette population. C’est sur la base de ces analyses que le choix des individus répartis entre zoos est fait et recommandé aux participants. 

(Dans ce cas précis il s’agit d’un programme semi-intensif, le statut de menace dans la nature ne justifiant pas un programme très intensif type EEP. Dans d’autres cas enfin, les espèces maintenues en zoo ne seront l’objet que d’un simple « monitoring », c’est-à-dire un suivi plus grossier de la population) 

Les gouras sont bien présents en zoos :

 

  • le goura de Victoria, présent dans le nord de la PNG, est une espèce qui compte plus de 260 individus en zoos ; 
  • un programme européen est en place pour les 2 espèces présentes en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

 

 

Couverture du studbook (programme d’élevage) du Goura de Victoria en Amérique du Nord

Couverture du studbook (programme d’élevage) du Goura de Victoria en Amérique du Nord

 

 

Bien que très répandu en PNG : cette espèce est aujourd’hui placée sous statut « vulnérable » par l’UICN.

Citons encore un Monotrème - ordre de Mammifères très symbolique de l’Australasie, qui comprend l’ornithorynque - l'échidné à bec court (Tachyglossus aculeatus) habitant principalement l'Australie mais également présent dans le nord et le sud de la PNG. Cette espèce est l'objet d'un programme au sein de l'AZA, géré par le zoo de Saint Louis. Il compte actuellement 119 individus. Des recommandations d'élevage concernant l'ensemble des Monotrèmes ont également été publiées par Lisa Dabeck, dont on note qu'elle est la responsable du TKCP...! Un programme existe également au sein de la ZAA (Zoo and Aquarium Association : Australie, Nouvelle-Zélande, Pacifique), géré par le zoo de Perth.


 

Couverture

Couverture