La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Recolte_et_transport_des_echantillons_expedition_Mozambique

Récolte et transport des échantillons (expédition mozambique)

Tous niveaux

Objectifs :
Cette fiche fournit une iconographie commentée relative aux méthodes de récolte des échantillons pendant l’expédition au Mozambique et à leur transport, notamment jusqu’en Europe, en vue de l’analyse et la détermination de ces échantillons, ainsi que l’éventuelle description de nouvelles espèces.

Contexte :
L’expédition s’est déroulée au Mozambique de début novembre à mi décembre 2009. De nombreux échantillons ont été récoltés puis préparés pour leur transport jusqu’aux instituts scientifiques chargés de leur étude.
Les écosystèmes au Mozambique sont encore peu connus et les chercheurs de l’expédition Mozambique-Madagascar trouveront peut être de nouvelles espèces dans les échantillons collectés, ce qui ne sera pas avant plusieurs mois.
Les scientifiques se sont principalement concentrés au Mozambique sur la collecte d’échantillons dans 4 domaines : botanique, ornithologie, entomologie, herpétologie. Pour chacun de ces domaines, les méthodes de collecte et de préparation en vue du transport sont spécifiques.


Documents :

Document 1 : collecte et transport des échantillons en botanique
Le repérage des zones à explorer se fait sur carte avec les photos satellites de la région et avec le GPS.

De gauche à droite : Philip Clarke, Olivier Pascal, Justin Timberlake

De gauche à droite : Philip Clarke, Olivier Pascal, Justin Timberlake

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Les plantes sont collectées avec différents outils : par exemple Jonathan Timberlake collecte un échantillon au sécateur.

Récolte au sécateur

Récolte au sécateur

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Des grimpeurs professionnels sont également sollicités pour la collecte dans les arbres.

Salim Annebi, grimpeur, en position acrobatique pour récupérer une fleur sur un arbre (<i>Erythrina sacleuxii</i>)

Salim Annebi, grimpeur, en position acrobatique pour récupérer une fleur sur un arbre (Erythrina sacleuxii)

[Julien Blanc-Gras, ©]

 

On a identifié cette espèce dans la région pour la première fois en 2008. Auparavant, on ne la connaissait qu’à Madagascar, et nulle part ailleurs sur le continent africain.

Puis les échantillons sont observés à la loupe, numérotés, étiquetés.

Les échantillons

Les échantillons

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Les plantes sont mises en herbier dans du papier journal.

Hermengildo Matamele, botaniste mozambicain, conditionne les échantillons de la journée.

Hermengildo Matamele, botaniste mozambicain, conditionne les échantillons de la journée.

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 
Mise en herbier

Mise en herbier

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Puis les feuillets sont déposés dans une presse en bois.

Presse en bois

Presse en bois

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Les presses peuvent ensuite être positionnées dans un séchoir, permettant d’accélérer le séchage à l’aide d'un brûleur.

Un séchoir

Un séchoir

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Pour des informations plus détaillées sur la technique de réalisation d’un herbier, consulter aussi la fiche « réalisation d’un herbier à partir d’algues ».
Les échantillons ont été divisés à Maputo (Mozambique) en 5 lots identiques pour être envoyés au LMA Herbarium (Herbier National du Mozambique), à Paris au Muséum National d’Histoire Naturelle, à l’herbier d’Afrique du Sud, en Angleterre à Londres (Royal Botanical Garden de Kew), le cinquième lot restant à Maputo (Instituto de Investigação Científica de Mozambique Herbário / LMC). Les espèces vont être étudiées et déterminées à Londres, courant mars 2010, au jardin botanique de Kew où se trouvent les spécialistes des plantes d'Afrique du Sud Est.
Il s'écoule donc un minimum de deux mois entre la récolte et la première étude des échantillons, si l'acheminement se passe bien (dédouanement, problèmes phytosanitaires, etc...)


Document 2 : collecte et transport des échantillons en ornithologie

Le repérage et la détermination se fait avec les jumelles pour les oiseaux de grande taille ou à vol haut.
Les autres espèces sont prises au filet.

Capture d'oiseaux

Capture d'oiseaux

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Il n'y a pas eu de pose de bague (inutile dans cette zone où le suivi des spécimens bagués ne se fera probablement pas).
Les espèces connues dans les pays voisins ont été référencées.

Jean-Marc Pons et Jérôme Fuchs, ornithologues au travail

Jean-Marc Pons et Jérôme Fuchs, ornithologues au travail

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Pour la plupart, elles sont ensuite relâchées. Seuls quelques spécimens ont été empaillés sur place et rapportés par les chercheurs avec les bagages, en respectant les autorisations nécessaires.
Les scientifiques n'ont pas trouvé de nouvelle espèce, mais il a été constaté pour quelques oiseaux, une extension de l'aire d'habitat jusqu'à présent connue.

Document 3 : collecte et transport des échantillons en entomologie

Les espèces sont observées et photographiées sur le terrain avant la capture avec enregistrement des chants (cigales, criquets...). Il n'y a pas toujours besoin de pièges, les animaux sont capturés à la main ou aspirés dans un flacon, par l'intermédiaire d'un tube ou pris dans un filet.

Astrid Cruaud et son aspirateur à bouche, permettant d’attraper les tout petits insectes

Astrid Cruaud et son aspirateur à bouche, permettant d’attraper les tout petits insectes

[Julien Blanc-Grac, © MNHN]

 

Les pièges sont variés. Ils peuvent être posés en hauteur, parfois avec une substance pour attirer les spécimens, ou lumineux pour les insectes nocturnes.

Piège lumineux

Piège lumineux

Un simple drap et une lampe, pour attirer les insectes lors des chasses de nuit [Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 
Insectes sur le piège lumineux

Insectes sur le piège lumineux

Quelques heures après l’installation du piège lumineux, des centaines de spécimens sont au rendez-vous [Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 
Olivier Montreuil

Olivier Montreuil

Olivier Montreuil, entomologiste MNHN, pose ses pièges à banane [Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Chaque insecte est étiqueté : numéro, lieu, date, observations particulières.

Après les collectes, les entomologistes inventorient les spécimens. Sur la table, bocaux, microscopes, pinces, coton, ordinateur…

Après les collectes, les entomologistes inventorient les spécimens. Sur la table, bocaux, microscopes, pinces, coton, ordinateur…

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Un prélèvement est réalisé sur une patte (la patte P2 précisément) pour l'analyse d'ADN. Cette analyse génétique, qui va être faite à Paris au MNHN, permettra d'affirmer ou non l'hypothèse de la découverte d'une nouvelle espèce.
En effet, sur les centaines d'espèces observées, il y aura certainement de nouveaux insectes découverts. Des échantillons ont été rapportés directement à Paris, dans les bagages, conservés dans l'alcool.


Document 4 : collecte et transport des échantillons en herpétologie

Les « reptiles » ont été prélevés à la main (voir la vidéo sur le blog de la mission).

Varan des savanes juvénile capturé par Ivan Ineich, herpétologiste du MNHN

Varan des savanes juvénile capturé par Ivan Ineich, herpétologiste du MNHN

 [Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Comme pour les insectes, les chercheurs ont photographié les espèces, les ont étiquetées, mesurées et ont réalisé un prélèvement de peau. Plusieurs animaux sont dessinés.

Les herpétologistes recueillent des échantillons de chair des grenouilles pour les analyses génétiques.

Les herpétologistes recueillent des échantillons de chair des grenouilles pour les analyses génétiques.

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 
Un agame, sur le point d’être dessiné par Roger Swainston, peintre de l’expédition

Un agame, sur le point d’être dessiné par Roger Swainston, peintre de l’expédition

[Julien Blanc-Gras, © MNHN]

 

Quelques espèces ont été rapportées. Il y aura probablement des espèces nouvelles décrites à la suite de cette mission.