La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Les_representations_du_coelacanthe_au_fil_du_temps

Les représentations du cœlacanthe au fil du temps

Approche croisée arts plastiques et SVT

Tous niveaux

Objectifs :

Montrer et s’exercer à des pratiques picturales différentes par l’étude comparée des représentations de cœlacanthe au fil du temps. Découvrir les particularités anatomiques de cet animal.


Contexte :

Le cœlacanthe est une espèce emblématique du canal du Mozambique, des Comores et d'Indonésie. L’histoire de ses (re)découvertes appartient à l’histoire des Hommes et des sciences. Bien qu'il ne fut révélé au monde scientifique qu'en 1938, il avait déjà été représenté auparavant. Ainsi du croquis de terrain aux représentations scientifiques, c’est un véritable corpus iconographique qui existe sur cet animal et peut servir de point de départ à une activité associant arts et plastiques et sciences de la vie et de la Terre.
Les coelacanthes étaient connus à l'état fossile depuis le XIXe siècle. Les coelacanthes fossiles sont datés de - 400 à - 70 millions d'années. Aucun fossile de coelacanthe n'ayant encore été découvert dans des couches fossilifères datées de - 70 millions d'années à l'actuel, les paléontologues pensaient que les coelacanthes avaient disparu en même temps que les dinosaures et ammonites, au cours de la crise Crétacé-Tertiaire, il y a -65 millions d'années. La découverte d'un spécimen actuel en 1938 fut donc une énorme surprise !
Ci-dessous une reconstitution d'un coelacanthe du Crétacé (-80 millions d'années) réalisée par Woodward en 1909, bien avant la découverte des coelacanthes actuels. La morphologie générale de ces coelacanthes fossiles est très proche de celle du coelacanthe actuel.

Reconstitution du coelacanthe fossile Macropoma, du crétacé supérieur d'Angleterre, par Woodward (illustration présente dans Woodward, 1909).

Reconstitution du coelacanthe fossile Macropoma, du crétacé supérieur d'Angleterre, par Woodward (illustration présente dans Woodward, 1909).

 

Documents :

Document 1 :

Miniature indienne du XVIIIe siècle, représentant un possible coelacanthe (et gros plan). Illustration présente dans Brentjes (1972).

Miniature indienne du XVIIIe siècle, représentant un possible coelacanthe (et gros plan). Illustration présente dans Brentjes (1972).

 

Document 2 :

Ex-voto du XVIIIe, voire XVIe siècle

Ex-voto du XVIIIe, voire XVIe siècle

De supposés ex-voto du 18eme, voire 17eme siècle, représentant une réplique en argent de coelacanthes ont été retrouvés dans des églises espagnoles : un exemple ci-dessus (illustration présente dans Fricke et Plante (2001).
Certains ont penché pour une origine mexicaine de ces sculptures (ce qui supposerait une population vivant près des côtes mexicaines). De récentes études ont montré qu'il pourrait s'agir de sculptures beaucoup plus récentes, réalisées après la découverte de Latimeria chalumnae, et donc postérieures à 1938, mais le débat est encore ouvert.

 

Document 3 :

Copie du dessin original de Miss Courtenay-Latimer en 1938

Copie du dessin original de Miss Courtenay-Latimer en 1938

Copie du dessin original de Miss Courtenay-Latimer en 1938, jeune conservatrice du Musée d'Histoire Naturelle d'East London, Afrique du Sud, qui fera naturaliser le « premier » cœlacanthe pêché (côte sud-africaine en 1938). Ce spécimen fut ensuite identifié par J.L.B. Smith et nommé Latimeria chalumnae en l’honneur de la conservatrice.
Illustration présente dans Smith (1956) et reprise dans Thomson (1991). Le dessin original est conservé au South African Institute of Aquatic Biodiversity.

 

Document 4 :

Reproduction d’un vélin

Reproduction d’un vélin

Reproduction d’un vélin réalisé par Bernard Duhem en 1997 sur commande de la Société Française d’Ichtyologie. Collection des vélins du Muséum National d’Histoire Naturelle.
Disponible sous forme de carte postale et poster auprès de la SFI, ou demander à meunier@mnhn.fr.

 

Document 5 :

Photos d’un squelette de coelacanthe

Photos d’un squelette de coelacanthe

Photos d’un squelette de coelacanthe conservé en résine, exposé en Galerie d’Anatomie comparée, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris [S.Pons | © MNHN].

 
Photos d’un squelette de coelacanthe (détail)

Photos d’un squelette de coelacanthe (détail)

Photos d’un squelette de coelacanthe conservé en résine, exposé en Galerie d’Anatomie comparée, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris [S.Pons | © MNHN].

 
Photo d’un moulage de cœlacanthe

Photo d’un moulage de cœlacanthe

Photo d’un moulage de cœlacanthe (1995, Anjouan, Comores) conservé dans les collections d’anatomie comparée du Muséum à Paris [L. Bessol | © MNHN] (photothèque du Muséum national d’Histoire naturelle). Remarque : de tels moulages sont visibles dans la Grande Galerie de l’évolution, au Muséum de Paris.

 

Document 6 : quelques caractéristiques anatomiques des coelacanthes

Les coelacanthes sont phylogénétiquement très proches des vertébrés terrestres (appelés également tétrapodes : amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères). Certaines de leurs structures anatomiques les rapprochent des tétrapodes :

  • les nageoires pectorales (nageoires paires situées à l'avant du corps) et les nageoires pelviennes (nageoires paires situées sous le ventre) sont composées d'un voile soutenu par des rayons (caractéristique des "poissons") et d'un lobe charnu reliant ce voile au corps. Le lobe charnu, recouvert d'écailles, est composé intérieurement d'une série d'os homologues aux os présents dans les membres des tétrapodes. Le schéma structural de ces nageoires de coelacanthes est donc précurseur de celui des tétrapodes ;
  • le coelacanthe actuel à un appareil pulmonaire régressé. Il est fort possible que les coelacanthes fossiles avaient un poumon fonctionnel.
Image issue du scanner (CTscan) d'un coelacanthe

Image issue du scanner (CTscan) d'un coelacanthe

Photos issues du scanner (CTscan) d'un coelacanthe adulte présent dans les collections du MNHN. Le poumon régressé est composé du manchon bleu et du petit diverticule rouge présent dans sa partie antérieure et relié à la face ventrale de l'œsophage [G. Clément | © MNHN].

 
Image issue du scanner (CTscan) d'un coelacanthe

Image issue du scanner (CTscan) d'un coelacanthe

Photos issues du scanner (CTscan) d'un coelacanthe adulte présent dans les collections du MNHN. Le poumon régressé est composé du manchon bleu et du petit diverticule rouge présent dans sa partie antérieure et relié à la face ventrale de l'œsophage [G. Clément | © MNHN].

 

Autres caractéristiques anatomiques du coelacanthe :

  • Il comporte beaucoup de nageoires : outre les nageoires paires (pectorales et pelviennes) les coelacanthes ont une nageoire impaire anale, deux nageoires impaires dorsales et une nageoire caudale caractéristique de forme trilobée.

  • Un axe central composé d'un tube rigide rempli de fluide sous pression. Les coelacanthes n'ont pas de vertèbres ‘classiques’. L'homologue de ce tube rigide (appelé notochorde ou chorde) est présent dans notre colonne vertébrale sous la forme des disques vertébraux élastiques présents entre nos vertèbres. Le fluide présent dans la chorde des coelacanthes est supposé être à l'origine de leur longévité, voire de leur immortalité (vendu excessivement cher dans les marchés parallèles).

  • Un crâne articulé en deux parties. Cette articulation permet au museau de s'élever d'une dizaine de degrés quand l'animal ouvre la gueule. Cette étonnante caractéristique est primitive pour les tétrapodomorphes (tétrapodes + poissons les plus proches parents).

  • Un organe énigmatique présent dans le rostre du coelacanthe ("l'organe rostral") qui est supposé être un organe électrosensitif, lui permettant de repérer les proies enfouies dans le substrat marin.

 

Compétences du socle commun pouvant être mises en œuvre :

Compétence 1 (maîtrise de la langue française) : dégager l’idée essentielle d’un texte lu ou entendu

Compétence 3 (culture scientifique) : pratiquer une démarche scientifique ; savoir utiliser des connaissances

Compétence 5 (culture humaniste) : pratiquer les arts ; lire et utiliser différents langages (textes, images) ;  avoir des outils pour comprendre la complexité du monde

Compétence 7 (autonomie et initiative) : faire preuve d’initiative

Bibliographie indicative :

  • Consultables sur demande à la bibliothèque centrale du MNHN, au fond général :

Anthony, J. - Opération cœlacanthe.- 1976, Arthaud (éd.), 199 pages.
Chanet, B. et Meunier, F. - "Du Crétacé à l'actuel, des Comores à Sulawesi : une histoire de coelacanthes". Biologie Géologie, 2001(3) : 553-562, 7 fig.
Millot, J. - "Le troisième Cœlacanthe : éléments d'écologie, morphologie externe, documents divers". Le Naturaliste malgache, 1954, supplément 1.
Smith, JLB. – À la poursuite du coelacanthe.- 1960, Plon (éd), 326 pages.
Thomson, K.S. - Living fossil. The story of the Coelacanth. - 1991, W.W. Norton & Cie, New York, 252 pages.
Woodward, A., S. - "Fossil Fishes of the English Chalk". Palaeontographical Society, London, 1909 (Part V) : 153-184.

 

  • Consultables à la médiathèque du MNHN au Jardin des Plantes avec une classe (contacter au préalable la bibliothécaire Mme Demay-Ali pour réserver un créneau horaire) :

Adamo, C. Requiem pour un poisson. – 2004, Paris L Levi (éd), 348 pages.
Henon, C. - Ce poisson, notre ancêtre ? Enquête sur un faux chaînon manquant.- 2001, PUF, 237 pages.
Le coelacanthe, fossile vivant.- Toulouse Muséum d’histoire naturelle, 24 pages.
Lecointre, G. et le Guyader, H. - Classification phylogénétique du vivant. – 2001, Belin (éd), 543 pages.

 

  • Mais aussi :

Brentjes, B. - "Eine Vor-Entdeckung des Quastenflossers in. Indien ?" Naturwissenschaftliche Rundschau, 1972 (25) : 312-313.
Fricke, H. et Plante, R. - "Silver coelacanths from Spain are not proofs of a pre-scientific discovery". Environmental Biology of Fishes, 2001 (61) : 461-463.
Smith, JLB. - Old Fourlegs, the Story of the Coelacanth. - 1956, London, Longmans, Green and Company.
Smith, JLB. - "A living fish of mesozoic time". Nature, 1939, 143 [n° 3620] : 455-456.