La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Le_pays_et_les_hommes

Histoire du mozambique

Le pays

 

Le Mozambique est un grand pays d’Afrique australe, (800 000 km2) qui constitue avec Madagascar une des façades du canal de Mozambique. Il est limité au nord par la Tanzanie, à l’ouest par le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie, au sud par l’Afrique du sud et le Swaziland. C’est un pays plat composé de plaines littorales qui forment un paysage de dunes et de lagunes. Elles s’élèvent vers l’intérieur en plateaux au nord et montagnes au centre qui correspondent à l’extrémité méridionale du rift, dominées par le Mont Binga (2436 m.), point culminant du pays. Le Zambèze et le Limpopo, deux des plus grands fleuves du sud de l’Afrique, traversent le pays.

Le Mozambique bénéficie d’un climat tropical, la saison sèche alterne avec la saison humide. L’été, de novembre à mars, correspond à la saison humide ; les pluies sont plus fréquentes au nord proche de l’équateur et sur les hauteurs périphériques. Le littoral est le domaine de la mangrove constituée de cocotiers et de palétuviers. Au nord-ouest, la forêt de type équatoriale s’impose, le centre est couvert de forêt claire, le sud correspond au domaine de la savane.

Forêt côtière du Mozambique.

Forêt côtière du Mozambique.

[ © MNHN ]

 

Les hommes

 

L’histoire du peuplement du Mozambique est mal connue dans sa période préhistorique. Les premiers habitants de la région sont sans doute des groupes bochimans et hottentots, armés d’arcs et de sagaies. Ils vont être chassés du territoire par les Bantous qui après l’assèchement du Sahara, entreprennent une migration de longue durée, (de l’ère chrétienne  au XIXe siècle) et de grande ampleur au sud de l’équateur. L’usage du fer est le moteur de cette migration, il permet de cultiver, ce qui procure aux groupes bantous un avantage sur les populations de chasseurs-cueilleurs. Ils arrivent au Mozambique en trois vagues successives. Ils peuplent d’abord le nord du fleuve Zambèze, puis le centre et le sud du pays alors que la troisième vague s’installe en Afrique du sud.

Les peuples bantous partagent un fonds culturel commun et parlent des langues très proches. Ils forment une société agropastorale dont l’unité de base est le lignage, groupe de familles issues d’un ancêtre commun, généralement un ancêtre paternel. Chaque lignage est dirigé par un chef qui possède tous les pouvoirs : politique, militaire, judiciaire, foncier. Il distribue les terres, contrôle la vie matérielle et morale, veille à l’observance des rites de naissance, d’initiation, de mariage et de mort. Il dirige les prières de la saison des pluies, des récoltes, qui s’adressent aux esprits des ancêtres. Les lignages peuvent être fédérés en clans, dirigés par un chef auquel est donné parfois le titre de roi. Chaque lignage paie un impôt et fournit des soldats. Plusieurs clans forment un peuple doté d’un territoire, d’une langue, de coutumes. Aujourd’hui encore, le Mozambique est constitué d’une douzaine de peuples comme les Makondé, les Makhuwa, les Yao au nord, les Tonga au centre et les Tsonga et les Shonas au sud.

Femme makhuwa

Femme makhuwa

[ O. Dubuquoy | © MNHN ]

 

Cette organisation sociale n’a pas empêché au cours des siècles (XIVe-XVIIe siècles) la constitution de royaumes ou d’empires, mais tous se sont défaits lors de querelles dynastiques plus ou moins confuses, compliquées ou encouragées par les intrusions étrangères et européennes au moment où le Mozambique est traversé par la route commerciale qui relie le royaume du Zimbabwe à l’océan indien.
Dès le 10ème siècle, la côte orientale de l’Africaine, arabisée et islamisée, est jalonnée d’une série de comptoirs. Ces ports où l’on parle le swahili attirent une population mélangée à majorité africaine. Le commerce est très actif : on vient s’y fournir en or, esclaves, tortues, en cire d’abeille, ambre et en coquillages. A la fin du 15ème siècle, les navigateurs portugais qui cherchent la route de l’Inde découvrent cette côte.