La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Un_pays_colonise_tot

Histoire du mozambique

Un pays convoité très tôt

 

Dès sa première expédition, Vasco de Gama passe le cap de Bonne Espérance et fait escale à l’embouchure du rio Inharrime (futur emplacement de Lourenço Marques qui deviendra la capitale du pays : Maputo) pour s’approvisionner en eau. Il est bien accueilli par les Bantous et repart vers le nord, mais la situation sanitaire d’une partie de l’équipage l’oblige à s’arrêter à l’embouchure d’un bras du Zambèze, là où s’est développée la ville de Quelimane. En mars 1498, il atteint l’île de Mozambique, proche de la côte en face de Madagascar située sur le 15e parallèle sud, où les marchands arabes entreposent l’or et l’ivoire de l’arrière-pays, ce qui provoque chez les Portugais une ambition nouvelle, légitimée par le traité de Tordesillas de 1494 qui place l’Afrique dans leur sphère d’influence. La détention des mines d’or de l’arrière pays permettrait d’acheter les épices et les tissus en Inde. Il s’agit de déloger les marchands arabes et d’occuper l’île, ce qui est fait en 1507. Les Portugais y découvrent la noix de coco qui soigne le scorbut et permet de confectionner des aussières pour les caravelles. Ils y construisent une forteresse, un entrepôt, un dispensaire, une église, et l’île va fonctionner comme une plaque-tournante du commerce portugais dans l’océan indien. Elle deviendra capitale du Mozambique en 1752 jusqu’en 1894.

Carte de l'Afrique en 1812 par Arrowsmith and Lewis

Carte de l'Afrique en 1812 par Arrowsmith and Lewis

Imprimée à Boston par Thomas & Andrews.

 

Naissance des prazos

 

D’autres comptoirs sont créés sur le littoral et de petits groupes d’aventuriers, de jésuites, de capitaines portugais pénètrent à l’intérieur d’une zone géographique qu’ils dénomment Mozambique du nom de l’île déjà occupée et finissent par imposer un traité de vassalité en 1629 au roi du Monomatapa au sud de la vallée du Zambèze. Sous le contrôle d’un gouverneur métropolitain, les Portugais reçoivent un droit d’accès aux mines et aux terres de la région. Une fois les gisements épuisés, alors que les petits royaumes voisins cherchent à les repousser, ceux-ci développent leurs activités au sud de la région qui dispose de richesses telles que l’ivoire, les cornes de rhinocéros, l’ambre  et au nord vers le Malawi dont les souverains contrôlent le commerce de l’ivoire. Les royaumes malawi s’effondrent à leur tour.

En 1752, le territoire du Mozambique est doté d’une administration coloniale basée sur une structure d’occupation militaire, laissée à l’arbitraire des représentants de la métropole. Elle est présente seulement dans l’île de Mozambique et dans les quatre villes du pays (Quelimane, Sana, Sofala et Tete). La présence portugaise se concentre dans la vallée du Zambèze où naît un type de colonisation très original. Organisées selon un mode traditionnel, de petites entités, autrefois vassales de grands royaumes, vont être accaparées par les Portugais dans le cadre du prazo. Le prazo est un grand domaine offert au gouverneur portugais du Mozambique qui le rétrocède aux colons. Le colon, doté d’un bail de longue durée, paie une redevance en or au gouverneur et récupère les privilèges des anciens chefs coutumiers, les paysans libres africains continuent à exploiter leurs terres et à produire leurs cultures vivrières, des esclaves recrutés comme soldats protègent le domaine. Ces prazeiros s’africanisent peu à peu. Ils épousent des Africaines, s’adaptent aux coutumes, respectent les religions ancestrales. Cette communauté métissée va assumer son enracinement africain et sa fidélité au Portugal en s’organisant en véritables dynasties. Mais progressivement, ce système va s’affaiblir. Il est d’abord victime des abus de pouvoir des prazeiros trop exigeants pour les paysans en état de servage qui fuient vers les royaumes voisins. Le développement spectaculaire du trafic des esclaves qui enrichit les prazeiros, dépeuple les domaines et réduit la production vivrière où moment où une série de graves sécheresses ruine définitivement ce type de colonisation. Les derniers lambeaux de prazos seront démantelés par les attaques des populations Nguni, venus des royaumes zoulous de l’Afrique du sud, vers 1830. Le Portugal va désormais devoir compter avec les ambitions européennes dans la région.