La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

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Histoire du mozambique

Le FRELIMO au pouvoir

 

L’indépendance est proclamée le 25 juin 1975 et la constitution de la « République populaire du Mozambique » est adoptée. L’Etat, selon les principes marxistes-léninistes, nationalise les terres et les richesses, planifie l’économie. L’accent est mis sur le développement de l’enseignement, de la santé, sur l’émancipation féminine et sur la promotion de la culture nationale. Au niveau international, le Mozambique consolide ses liens avec les pays socialistes et pratique avec eux une politique de coopération très étroite. Hostile à l’apartheid, ses rapports avec l’Afrique du sud et la Rhodésie sont désastreux, aux dépens de ses propres intérêts économiques.
Des villages communaux et des fermes d’Etat sont créés avec des résultats variables. La communalisation mieux acceptée dans le sud, souffre d’un manque d’encadrement et de moyens (tracteurs, engrais, semences). Les industries agro-alimentaires et textiles sont encouragées, mais le secteur industriel reste dépendant des importations. Le déficit s’aggrave avec la hausse du prix du pétrole en 1980. Alors que la situation d’ensemble se dégrade, le parti ne peut que constater les mauvais résultats de sa politique d’intervention économique. La guérilla anti-marxiste commence à s’étendre alors que l’appareil répressif du parti est renforcé.

La guerre civile

 

La constitution d’un Mozambique marxiste avait inquiété l’Afrique du sud et la Rhodésie. Ces deux pays dont le but était de lutter contre le communisme encouragent dès 1972 la création d’un mouvement anti-FRELIMO composé de colons portugais, de soldats africains, d’agents de police secrète. Ce mouvement prend le nom de RENAMO (résistance nationale du Mozambique) en 1981. Soutenu par l’Afrique du sud, il engage en 1982 une guerre civile contre les forces gouvernementales au Mozambique à partir du sud du pays.

Les opérations de sabotage se multiplient, des raids sur les villages s’accompagnent de massacres dans un climat de violence systématique. En 1985, Le Zimbabwe déploie des forces militaires dans le centre du pays contre la RENAMO. Celle-ci a adopté un programme politique qui permet au peuple de choisir son gouvernement, promet des élections libres et insiste sur le respect des coutumes traditionnelles.  Elle rallie les déçus du régime marxiste, les anciens chefs coutumiers et de nombreux paysans embrigadés dans les villages communaux.
Une guérilla atroce se poursuit jusqu’en 1992 faisant près d’un million de victimes sans compter les enfants-soldats enlevés par la RENAMO, qui constituent parfois les 2/3 des unités de combat. Entretemps, l’effondrement du système soviétique fait évoluer le FRELIMO. Renonçant au marxisme, le parti proclame en 1990 la séparation de l’Etat et du parti, reconnaît le multipartisme, proclame les libertés publiques et rétablit la liberté religieuse.
Ce changement de cap va faciliter les négociations de paix. La RENAMO accepte un cessez-le-feu dans la région de Beira et du Limpopo. Un accord de Paix est signé à Rome en octobre 1992. Il prévoit le désarmement des combattants sous le contrôle des Nations-Unies, ce qui prend deux ans. Des élections libres ont lieu en 1994, elles permettent de constituer une assemblée où le FRELIMO obtient 129 sièges contre 112 à la RENAMO, un nouveau gouvernement est nommé fin 1994, année faste pour l’Afrique australe puisque Mandela accède à la présidence d’une Afrique libérée de l’apartheid.

La reconstruction

 

Les conséquences de la guerre sur la société et l’économie du pays sont catastrophiques. 1,5 million de Mozambicains se sont réfugiés dans les pays voisins, 4,5 millions ont été chassés de leur terres, les familles sont séparées, les orphelins sont légion, le déracinement et l’insécurité progressent dans les villes avec l’afflux  des « deslocados ». Les infrastructures du pays sont grippées ou détruites, l’économie est bouleversée.

Le gouvernement doit d’abord remettre en état les infrastructures, relancer l’économie, puis s’engager dans un programme de développement concernant le système d’éducation et de santé. Le redémarrage des activités se fait avec l’aide internationale (on a parlé d’un pays sous perfusion) dans le cadre d’une organisation régionale rassemblant tous les Etats d’Afrique australe. Ce qui confirme à nouveau la vocation du Mozambique : celle d’une voie de passage entre l’intérieur et l’océan. Les corridors qui sont des voies d’accès à la mer deviennent des axes de développement pour les régions mozambicaines. Cette intégration régionale est confirmée en 1995 par l’adhésion du pays au Commonwealth, bien qu’il n’ait jamais fait partie de l’empire britannique.

Mais le Mozambique, avec 19 millions d’habitants, reste un des pays les plus pauvres du monde où l’espérance de vie est de 41 ans. Les freins au développement sont nombreux : système de formation déficient, manque d’infrastructures, corruption, forte prévalence du sida, fuite des cerveaux.
L’économie repose essentiellement sur une agriculture exportatrice alors que les agriculteurs ne satisfont pas leurs besoins alimentaires. De grands projets d’exploitation du sous-sol tentent de redonner une impulsion à l’industrie minière. Le pays compte développer le secteur du tourisme. Le pays, qui ne peut compter que sur l’aide internationale, en tire actuellement le meilleur parti, ce qui soutient une croissance annuelle continue.