La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

La_grande_ile

Madagascar

Le pays

 

L’île de Madagascar est la 4e  plus grande île du monde (après  le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo) avec une superficie de 587 040 km2   (un peu plus grande que la France). Traversée par le tropique du Capricorne, elle s’étire sur 1580 km entre le 12ème et le 25ème degré de latitude sud dans l’océan indien. Proche de l’Afrique australe, elle en est séparée par le canal du Mozambique qui l’éloigne de 400 km de la côte africaine.

Le relief présente, du nord au sud, une division tripartite de l’espace. Une chaîne montagneuse ancienne d’altitude moyenne (1500 m) occupe la zone centrale et orientale de l’île (60% du pays), elle est jalonnée de pics élevés : au nord le Tsaratanana (2876 m), au centre l’Ankaratra (2600 m), au sud le pic Boby (2650 m). Cette dorsale  plonge de manière abrupte par des falaises sur la façade orientale alors qu’elle descend en pente douce vers l’ouest qui possède de grands bassins sédimentaires séparés par la zone volcanique du cap Saint-André. L’île est dotée d’une grande variété de reliefs : au nord, ce sont des massifs volcaniques difficiles d’accès et des plaines aux cuirasses latéritiques (l’île rouge), les hauts plateaux granitiques du centre sont surmontés de massifs volcaniques parcourus par des cours d’eau avec des zones de marais, au sud des plateaux troués par des fleuves qui constituent des zones de passage, l’ouest est constitué de grands espaces. La côte orientale, quant à elle, est bordée de lagons protégés par une barrière de corail.
C’est l’altitude et l’exposition aux vents dominants qui provoque la variété climatique. L’île subit l’influence des alizés et de la mousson. Il existe deux saisons : la saison des pluies correspond à la saison chaude de novembre à avril et la saison sèche rime avec saison fraîche de mai à octobre. Le nord et le nord-ouest reçoivent des pluies abondantes pendant la mousson de décembre à avril, l’ouest est plutôt sec, les hautes terres centrales bénéficient d’un climat de type subtropical à pluies estivales dominantes. La côte orientale parfois inhospitalière, exposée aux vents et cyclones entre janvier et mars, dispose d’un climat équatorial humide.

Climats et reliefs se combinent pour fabriquer une véritable mosaïque de paysages très variés. On passe des forêts humides du centre, aux savanes de l’ouest et au bush parsemé de plantes grasses et de buissons dans l’extrême-sud subdésertique.

Image sattellite de Madagascar

Image sattellite de Madagascar

Image sattellite de Madagascar sans nuage [ © ESA ].

 

Les hommes

 

Si les origines du peuplement sont attestées, les dates en demeurent mystérieuses.
Il semble que vers le 6ème siècle après JC, mais rien n’est précis, deux flux principaux de population s’installent sur la grande île : un courant austronésien venu du sud-est de Bornéo et un courant bantou africain qui se mélangent pacifiquement. Il en résulte une osmose assez réussie faite d’emprunts respectifs aux deux peuples : les Indonésiens apportent l’habitat de bois et la pirogue à balancier, la culture sur brûlis, les techniques de défrichement et d’irrigation qui permettent la riziculture, les tubercules, bananes et cocotiers. Les Bantous élèvent le zébu, chassent,  pêchent, forgent, développent l’artisanat de l’habillement végétal et la poterie. Ils cultivent le sorgho et l’oignon. Ces premiers habitants seraient nommés Vazimbas.
Cette osmose culturelle, biologique, linguistique produit un peuple métissé qui s’introduit dans l’intérieur de l’île et la sillonne de part en part.

Une 2e vague de peuplement se produit vers 1000-1200 : elle est austronésienne, malaise, javanaise, indienne, elle complète le premier peuplement qui s’enrichit également de l’apport des commerçants arabes. Il se dégage de ces influences une population malgache assez uniforme dont les différents mode de vie dépendent des unités géographiques dans lesquelles elle s’insère en s’adaptant aux conditions naturelles. Bien qu’insulaires, les Malgaches vont devenir des terriens isolés par des montagnes, des forêts, des savanes. Il en est ainsi des villages fortifiés des hautes-terres qui protègent leurs rizières et leurs troupeaux de zébus car les vols de bétail sont la raison principale des conflits entre les groupes. Ailleurs, les modes de vie sont complémentaires : les pêcheurs, cueilleurs s’associent aux cultivateurs pasteurs.
Il ne s’agit en aucun cas de tribus ou d’ethnies différentes, mais d’un même peuple qui finit par se diviser en une vingtaine d’entités à partir d’un même fonds commun. Si l’on veut caractériser la structure sociale, il faut plutôt parler de clans ou de lignées. Sur le pourtour côtier, des sociétés à lignée paternelle se mettent en place tandis qu’à l’intérieur s’établissent des communautés villageoises cimentées par la solidarité des époux.
C’est le culte des ancêtres qui assure la solidité des groupes. L’île est sacrée et la vie individuelle s’inscrit dans la relation à l’ascendance, il faut donc respecter et honorer les ancêtres, car ils représentent des entités divines qui peuvent changer le cours de la vie d’ici-bas. Des tombeaux-sanctuaires sont édifiés, une statuaire vitaliste marque les sépultures de l’ouest, des hommages, des offrandes, des sacrifices de bétail leur sont offerts régulièrement.

Vers le XIe siècle, les communautés villageoises s’organisent et se regroupent en petits royaumes gouvernés par des princes, des rois, des reines; les monarchies se structurent autour des souverains et leur famille, ils sont  assistés d’astrologues magiciens auxquels on attribue des pouvoirs surnaturels. Chaque royaume défend et tente d’agrandir son territoire. Les échanges se développent avec les navigateurs arabes et plusieurs royaumes du Sud de l’île connaissent un développement commercial, culturel et militaire.