La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Madagascar_aujourd_hui

Madagascar

Une grande île pauvre

 

Avec 17 millions d’habitants, Madagascar constitue un des nombreux pays en voie de développement dans le monde. Sur 177 pays, elle est placée 146ème pour l’IDH (indice de développement humain) et la pauvreté risque de s’accroître avec un taux d’accroissement de près de 3% par an. On assiste à un gonflement récent des villes où s’entassent les paysans pauvres.
L’agriculture qui demeure l’activité essentielle occupe 75% de la population. Le riz représente près de la moitié des surfaces cultivées, mais la mauvaise répartition de la production  et la vétusté des infrastructures contraint le gouvernement à en importer. Les cultures tropicales représentent l’essentiel des revenus de l’exportation. La pêche aux crevettes constitue une ressource importante en progression.
Le secteur industriel est entravé par l’absence de ressources énergétiques suffisantes et l’insuffisance des voies de communication. Il ne représente que 13% du PIB et concerne 10% de la population. L’activité se limite à la transformation de quelques produits agricoles. L’industrie textile est plus vivace, elle bénéficie de la production de coton et couvre les besoins nationaux. Le tourisme a pâti de la crise politique de 2002 mais la fréquentation se rétablit actuellement. L’île a bien des atouts à faire partager.

Religion et tradition

 

Sur 17 millions d’habitants, 20% sont catholiques, 20% protestants, 7% musulmans et le reste de religion animiste. Pourtant environ la moitié de la population pratique le culte des ancêtres et respecte les croyances originelles.
Le culte des ancêtres reflète une vision du monde particulière. La mort est une étape de la vie. Rendre hommage aux morts c'est rendre grâce à la vie.

Tous les cinq ans des cérémonies réunissent les vivants et les ancêtres. Les Occidentaux les appellent cérémonies de retournement des morts. Il s’agit du famadihana qui est un rite de communion des vivants avec leurs ancêtres. Sur fond de musique sacrée, on ouvre les tombeaux où les ancêtres reposent dans leur suaire de soie (lambemena). Ils sont enroulés dans une natte, transportés à l’extérieur et entraînés dans la danse rituelle de la foule. Les nattes sont déroulées, les corps sont à nouveau déposés dans des lambemena neufs pour être réintégrés dans leurs tombeaux ; un sacrifice de zébus partagés entre les invités clôt la cérémonie. Il s’agit d’exprimer l’amour, le respect, le souvenir que l’on garde des ancêtres.  Les formes varient selon les régions, mais il est pratiqué partout. Dans l’ouest, on rencontre des promontoires sur lesquels sont bâtis les tombeaux sanctuaires qui contiennent les dady (les reliques : dents, ongles, cheveux habits des monarques). Les cérémonies de fitampoha consistent en un bain des reliques royales. Les rois et reines sont considérés comme les grands ancêtres collectifs. Les rituels s’accompagnent de concours de chants et de danses tirés du répertoire de l’Hira Gazy qui constitue un opéra populaire né dans les rizières des hautes-terres. De nombreuses troupes sillonnent l’île pour interpréter aujourd’hui leurs chorégraphies.
Certains lieux sacrés, rochers, banians, pierres levées, reliquaires sont des lieux de communication avec les ancêtres.

Les esprits des ancêtres peuvent s’introduire dans la descendance ; une personne malade est considérée comme possédée ce qui induit de nombreux rituels de tromba qui sont des rites d’exorcisme et de possession, les guérisseurs sont en relation avec les ancêtres qui guident les rites de manière à guérir la personne atteinte. Les objets de protection sont nombreux : amulettes qui rendent invincibles, masques effrayants de voleurs de zébus (le vol de zébus représente encore aujourd’hui un sport national). Les sorciers, faiseurs de foudre distribuent des philtres d’amour, des charmes, des sortilèges. Les tabous (fady) sont nombreux, ils représentent ce qui est interdit par les ancêtres,  s’appliquent au vêtement, à la nourriture, aux gestes et varient selon les lieux. Pour tout événement de la vie quotidienne, on a recours aux astrologues et devins, ils fixent toutes les cérémonies : des cultes funéraires en passant par les voyages et jusqu’aux échéances électorales.

L’environnement : une faune et une flore uniques au monde

 

Madagascar dispose d’une faune et d’une flore anciennes qui ont pu évoluer de façon unique dans l’isolement biogéographie insulaire.

L’île n’abrite plus qu’une partie de sa forêt primaire (10% de sa surface originelle), la forêt recule de 200 000 hectares par an. La biodiversité est très fragilisée par le développement de l’agriculture sur brulis  et par la déforestation en partie illégale : charbonniers et défricheurs réduisent le manteau forestier, les feux de brousse destinés à rénover les pâturages appauvrissent  les sols et précipitent l’érosion. Néanmoins les espèces végétales sont deux  fois plus nombreuses que dans toute l’Europe. Chaque unité géographique regorge de richesses végétales,: la forêt humide présente des fougères arborescentes, des bois précieux (bois de rose, ébène), des arbres du voyageur (ravinala), des orchidées et de plantes carnivores, la forêt sèche est plantée de baobabs, d’euphorbes, de cactées et d’aloès, des plantes amphibies poussent dans les mangroves.

La faune est extrêmement riche. Si des restes de fossiles demeurent (dinosaures, belemnites, aepyormis : autruches géantes), on trouve également des caelacanthes (poisson), des fosas (carnivores) et quantité d’espèces de lémuriens vivants. L’île abrite une trentaine d’espèces de caméléons, des tortues, des reptiles endémiques, 220 espèces d’oiseaux et une faune sous-marine abondante.
Des mesures de protection du patrimoine naturel commencent à être imposées : interdiction des feux de brousse, reboisement des collines dénudées en eucalyptus, classement systématique des vestiges forestiers où subsistent des espèces uniques au monde. 3,7 millions d’hectares  sont aujourd’hui protégés : un complexe de lacs, de rivières et de zones humides sur la côte nord-ouest incluant le lac Kinkony et le fleuve Mahavavy, la forêt de Tsimombikibo, la baie de Boeny et les mangroves littorales ainsi que la forêt sèche centrale du Menabe au sud-ouest de l’île. 15 parcs nationaux conservent la biodiversité insulaire, les plus importants d’entre eux sont Andasibe, Ankarana, Isalo et Masoala. On tente d’y développer un tourisme respectueux des écosystèmes.