La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

L_independance

Histoire du mozambique

Salazar au pouvoir : le régime colonial se durcit

 

Le régime se durcit avec l’arrivée au pouvoir de Salazar, qui annexe un acte colonial à sa constitution en 1930. Il s’agit, sur fond d’intégration de la colonie à la métropole, de restaurer avec le soutien de l’église la fierté du Portugal entamée par ses difficultés outre-mer ; mais les colonies doivent se financer par elles-mêmes.
L’acte codifie l’exploitation de la main-d’œuvre africaine, interdit les syndicats et la grève et distingue les indigènes des non-indigènes. Les indigènes (98% de la population) ne possèdent aucun droit civique ; ce sont des sujets qui doivent avoir un livret ou un bracelet métallique, leurs déplacements sont contrôlés et ils sont soumis au travail forcé ; l’assimilé noir est mieux traité, il paie moins d’impôts, il est exonéré du travail forcé et peut se déplacer, mais il doit remplir certaines conditions : avoir de l’éducation et renier les coutumes tribales, lire et parler le portugais, avoir un emploi stable, faire preuve de bonne conduite. On comprend que cette assimilation au mérite soit alors assez peu recherchée. L’éducation est confiée à l’église qui dispense un enseignement discriminatoire et rudimentaire, sur 5,7 millions d’habitants en 1950, 98% des habitants sont illettrés. A partir des années cinquante, quatre plans d’investissements consacrés aux infrastructures et à l’aménagement hydraulique (barrage  de Cabora Bassa) se succèdent. Puis un programme routier est lancé, les aéroports et les ports sont modernisés.

Vers l'indépendance

 

Quand Salazar est remplacé en 1968, la politique coloniale du Portugal se maintient et toute évolution du statut des colonies est exclue alors que la majorité des Etats africains accède à l’indépendance.
La contestation coloniale n’a pas manqué d’apparaître chez les Mozambicains, mais l’action collective n’a jamais pu se concrétiser, la police étant très vigilante. À la fin des années cinquante, le mouvement nationaliste est constitué de quelques petits groupes éclatés, sans action coordonnée. Encouragées par l’évolution des colonies britanniques voisines, des associations clandestines se développent (NESAM, Movimento Popular de Libertaçao africano de Moçambique, Uniao Makonde de Moçambique…). Les Mozambicains émigrés dans les pays voisins s’engagent eux aussi clandestinement car les polices sud-africaine et rhodésienne veillent et répriment.

Après l’indépendance de la Tanzanie, les trois mouvements principaux forment le FRELIMO (Frente de Libertaçao de Moçambique) dont le but est l’indépendance totale du pays. Il s’installe à Dar-es-Salam sous la présidence de l’intellectuel Eduardo Mondlane, assassiné en 1969. L’accent est mis sur la formation de cadres et sur la solidarité avec les autres mouvements de libération africains. La lutte armée commence en 1964, l’armée du FRELIMO est composée de 250 hommes formés en Algérie et en Egypte. Elle mène  une guérilla contre les forces portugaises qui lui permet d’étendre son action au nord du pays. Le parti se consolide et se propose d’établir le pouvoir populaire dans une révolution démocratique nationale. Les opérations militaires portugaises ne peuvent endiguer le mouvement qui s’étend au centre du pays.  C’est finalement la révolution des œillets au Portugal en avril 1974 qui met fin à la guerre et qui consacre l’échec du génie civilisateur portugais.  L’accord de Lusaka signé en septembre 1974 entre le Portugal et les chefs du FRELIMO installe un gouvernement de transition avant la proclamation de l’indépendance. Il s’agit pour le parti de construire une nation mozambicaine où toute forme d’exploitation doit disparaître. Mais la situation locale est préoccupante : l’économie est désorganisée par le départ de la moitié des Portugais dans un contexte de conflits et de règlements de compte permanents.