La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Le_temps_des_royaumes

Madagascar

Le temps des royaumes

 

C’est au XVIe siècle que trois royaumes se distinguent en étendant leur influence géographique par l’établissement de traités, d’alliances matrimoniales et par la guerre. Les Sakalava au nord-ouest s’assurent la majorité du commerce avec les Arabes et les Portugais (le roi échange des esclaves, des zébus, de l’or contre des armes dans le port de Mahajunga), les Betsimisaraka font de même sur la côte nord-est pendant que les Mérina établissent leur dynastie sur les hautes-terres du centre de l’île.
Au XVIIe la suprématie des Mérina s’affirme sur un espace de terres fertiles occupées par des rizières irriguées. Le roi établit sa capitale à Antananarivo et fait construire le Rova (enceinte sacrée contenant la cité royale). Au 18ème le développement économique se poursuit et constitue la base de la puissance royale. Une administration fondée sur les assemblées villageoises (les foko) se met en place. Des intendants administrent les provinces, collectent l’impôt. Ce sont les paysans-soldats qui défendent le royaume. En 1810, le roi Andrianampoinimerina meurt, c’est à son fils Radama 1er qu’échoit le devoir d’unifier la grande île. Ce dernier pratique une politique de modernisation en choisissant l’Angleterre comme partenaire, il se fait reconnaître chef du royaume de Madagascar en 1820 et parvient à soumettre les royaumes sakalava et betsimisakara. A sa mort en 1828, il laisse un royaume prospère en voie de modernisation mais ouvert aux ambitions européennes. Les artisans britanniques et les missionnaires protestants et anglicans sont déjà installés.

Carte des ethnies de Madagascar en 1839

Carte des ethnies de Madagascar en 1839

[ Carte de la New York Public Library ]

 

Le temps des reines

 

De 1828 à 1896, le « temps des reines » représente la dernière phase de la monarchie et le temps de la mainmise coloniale. L’une des veuves de Ramada  1er lui succède sous le nom de Ranavalona 1ère. Consciente du danger que représente l’intrusion européenne, la reine protège la religion et la culture des ancêtres contre le prosélytisme chrétien qui a déjà converti de nombreux malgaches. L’agression militaire franco-britannique du port de Toamasina sur la côte orientale de l’île en 1845 met fin aux relations extérieures. Puis les étrangers résidant à Madagascar sont expulsés en 1857. Après la mort de la souveraine en 1861, son fils Radama II autorise le retour des Européens, il leur accorde des privilèges économiques exorbitants, ce qui inquiète la classe politique, il est détrôné en 1863. Sa première épouse nomme 1er ministre le chef des armées Rainilaiarivony, qui exerce le pouvoir. C’est un temps de continuité politique puisque les trois reines qui vont se succéder épouseront ce même 1er ministre.
Il s’oppose aux prétentions territoriales européennes et reprend la modernisation de la grande île. En 1868, après la mort de la reine, c’est avec Ranavalona II qu’il achève l’organisation du royaume. Il élabore un code civil et pénal, décrète l’enseignement obligatoire sur un fond de croissance économique rapide et d’élargissement des relations internationales.

La dernière reine Ranavalona III accède au trône en 1883 au moment où le danger impérialiste constitue une menace. Les députés colonialistes français de l’île de la Réunion, trop exigüe face à leurs appétits, mènent une campagne en France pour l’annexion de Madagascar ; la marine française bombarde conjointement les ports de Mahajunga et de Toamasina en 1885. Pour mettre fin aux hostilités, le 1er ministre signe un traité où les Français obtiennent un droit d’accès à la terre de l’île et en 1886, le premier Résident français s’installe à Antananarivo pendant que l’Angleterre s’empare de Zanzibar.
En 1894, le Résident exige la signature d’un traité de protectorat avec Madagascar que le 1er ministre refuse ; le corps expéditionnaire français débarque alors à Mahajunga en février 1895 et arrive le 30 septembre à Antananarivo. Le 1er octobre, un traité de protectorat est imposé à la reine alors que son premier ministre est exilé. La France venait de prendre possession de Madagascar.