La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

Les_objectifs

Mozambique

Rechercher, diffuser et conserver

 

Comme toutes les expéditions naturalistes, l'un des objectifs principaux de ce projet d'exploration des forêts sèches mozambicaines est de découvrir des espèces inconnues afin de constituer des collections de référence sur la faune et la flore de ces écosystèmes peu documentés. Mais au-delà de cette composante « recherche », les biologistes tenteront également de trouver des preuves permettant de rattacher les forêts du Mozambique à l'ensemble plus vaste des Forêts Côtières d'Afrique de l'Est. Si, en plus de nouvelles espèces, ils découvrent aussi des espèces présentes en Tanzanie et au Kenya, celles-ci constitueront autant d'arguments pour plaider la cause du Mozambique auprès des instances internationales de conservation.

La formation de spécialistes locaux de la faune et de la flore constitue un autre objectif important de cette expédition, de même que la création d'outils de diffusion permettant de partager les connaissances issues de la mission, notamment avec les autorités, les formateurs et la population. Il faut en effet que l’expertise générée par un tel projet soit rapidement disponible au niveau national et provincial, afin de mettre en place au plus vite des politiques de conservation efficaces. Enfin, les résultats de la mission serviront également à alimenter les bases de données existantes, au Mozambique et à l'international.

Une étroite collaboration

Une étroite collaboration

[O. Dubuquoy|©MNHN]

 
<i>Manticore scabra</i>

Manticore scabra

[© J.Y. Rasplus]

Gros plan sur la biodiversité négligée

 

Pendant que les botanistes étudieront la flore, les participants du module « zoologie » de l'expédition se verront attribuer un objectif bien particulier, celui de dresser le portrait de la petite faune des forêts sèches du Mozambique : amphibiens, petits mammifères (rongeurs, chauves-souris), mollusques, insectes, arachnides...  Avec en ligne de mire différentes questions :
- les zones prospectées au Mozambique sont-elles plus riches que leurs équivalents en Tanzanie ou au Kenya ?
L'étude des amphibiens et des rongeurs devrait permettre de répondre à cette question car ils sont plutôt bien connus dans les autres forêts côtières est-africaines.
- Quel est le niveau d’endémisme des forêts du nord Mozambique ?
Parallèlement aux résultats obtenus grâce aux amphibiens et aux rongeurs, une réponse plus complète sera apportée par la collecte de groupes très spécifiques de certains habitats, et peu  mobiles : escargots terrestres, scorpions, solifugesSolifuge est un ordre d'arachnides comprenant plus de 1100 espèces connues, la plupart vivant dans les régions tropicales et semi tropicales. Principalement nocturnes (comme leur nom l'indique, ces animaux fuient le soleil), les solifuges ne sont pas venimeux mais en cas de manipulation, leur morsure peut être douloureuse. Une de leurs particularités est de creuser des terriers., et quelques groupes d'insectes aptèresUn aptère désigne un animaul sans ailes.. Les arthropodes phytophages qui se nourrit aux dépens de végétaux.associés à des plantes endémiques signalées par les botanistes de l'expédition seront aussi étudiés.
- Quelle est la richesse globale des forêts étudiées ?
Pour y répondre, un inventaire globale de la zone sera réalisé, sur le mode des ATBISigle de All Taxa Biodiversity Inventory - inventaire complet de tous les être vivants d'un site déterminé. L'ATBI documente les espèces rencontrées, la méthode pour les distinguer, les endroits où elles peuvent être récoltées, les techniques de récolte, leur histoire naturelle..., grâce à des pièges très peu spécifiques
- Est-ce que le nord du Mozambique est une région clé dans l’origine des colonisations récurrentes  de Madagascar ?
La faune malgache semble issue d’une série de colonisations d'origine africaine relativement récentes. Les premières migrations ont-elles eu lieu à l'époque de la fragmentation du Gondwana, lorsque d'hypothétiques ponts terrestres reliaient encore l’Antarctique, l’Amérique du Sud et Madagascar, ou s'agit-il de colonisation trans-océaniques, donc plus récentes ? Et, plus pragmatiquement, comment s'est fait le passage de l'Afrique vers Madagascar : grâce à des radeaux végétaux dérivant sur le canal du Mozambique, ou par « sauts » successifs des organismes grâce à un chapelet d’îles aujourd'hui disparues ? Autant de questions qui trouveront peut-être une réponse dans l'étude des spécimens de plantes et d'animaux collectés durant la mission au Mozambique.