La Planète Revisitée : Expéditions Guyane Française

La_foret_du_Mozambique_une_foret_tropicale

La forêt du mozambique : une forêt tropicale

Approche croisée SVT / Géographie

Niveaux école primaire et collège

Objectifs :

Utiliser les caractéristiques particulières des forêts du Mozambique, plus précisément celle de la partie nord du Mozambique (la province de Cabo Delgado), pour aborder plus largement les caractéristiques et l’organisation d’une forêt tropicale, en lien avec les programmes scolaires du collège. Plus précisément on pourra cibler les objectifs suivants :

  • Aborder les différents types de forêts afin de mieux situer le Mozambique dans le contexte mondial ;

  • Découvrir le vocabulaire courant qui qualifie les arbres et les forêts ;

  • Caractériser le climat, à partir de la situation géographique, des moyennes de températures et de pluviométrie ;

  • Etablir un lien entre les caractéristiques du climat du Mozambique et les besoins des végétaux (indépendamment ici des caractéristiques géologiques) ;

  • Décrire les différentes strates au sein même d’une forêt.


Contexte:

Le Mozambique à l’est de l’Afrique, s’étend entre le 10ème  et le 25èmedegrés de latitude sud et possède une très longue frange côtière où le relief est peu élevé. Il est partagé en plusieurs provinces, la province explorée par l’équipe de l’expédition est située au nord, c’est la province de Cabo Delgado. Les forêts côtières s’y développent, elles font partie d’un écosystème plus vaste connu sous le nom de « forêts côtières de l’Afrique de l’est ». Le type de forêt le plus étendu, qui occupe près des deux tiers du pays, est celle qu’on appelle le Miombo, que l’on trouve sur de vastes étendues du Centre et du Nord.

Forêt côtière du Mozambique

Forêt côtière du Mozambique

[O. Pascal/PNI]

 

L’écosystème des forêts côtières au Mozambique et en Tanzanie (au nord du Mozambique) est un des 10 systèmes forestiers les plus importants d’Afrique. L’équipe considère que la sauvegarde des témoins intacts de ces forêts doit être considérée comme une priorité par le Mozambique et les instances internationales concernées.
Les forêts côtières sont naturellement peu étendues. Les régions côtières subissent l’influence des implantations humaines plus fortement que dans les terres. Les premiers résultats présentent une mosaïque de végétations auxquelles sont associés des organismes végétaux et animaux adaptés.

Documents :

Document 1 : bibliographie relative aux différents types de forêts (géographie) permettant de resituer sur une carte quelques types de forêts et leurs grandes caractéristiques, ainsi que le cas particulier des forêts d’Afrique orientale (ces ouvrages sont consultables à la médiathèque du Muséum à Paris : réservation pour l’accès en groupe scolaire tous les matins en semaine : 01 40 79 80 69)
Etre plante à l’ombre des forêts tropicales de Patrick Blanc chez Nathan : cet ouvrage apporte la description et les caractéristiques des grands types forestiers
Les paysages végétaux du Globe A Hurtz de Lemps chez Masson : cet ouvrage donne quelques informations sur la forêt dense et la savane en Afrique orientale, pages 133 à 137

Document 2 : Cartes permettant de localiser la zone d’exploration

Carte issue du rapport d’expédition de reconnaissance des Forêts côtières du Cabo Delgado au Mozambique (22nov. – 13 déc. 2008)

Carte issue du rapport d’expédition de reconnaissance des Forêts côtières du Cabo Delgado au Mozambique (22nov. – 13 déc. 2008)

 
Carte des zones d'exploration de la mission terrestre au Mozambique

Carte des zones d'exploration de la mission terrestre au Mozambique

[© Sur le Toit]

 

Document 3 : 4 photos issues du rapport d’expédition de reconnaissance des Forêts côtières du Cabo Delgado (22 nov. – 13 déc. 2008). L’observation de ces photos permet une première caractérisation de la forêt du Mozambique (tenir compte de la saison au cours de laquelle elles ont été prises) : est-elle dense, moyennement dense, clairsemée ; y voit-on des traces d’eau, le sol semble-t-il sec, humide, boueux, etc…

a) V
éhicules de la mission sur la piste reliant Mucojo à Quiterajo, un des sites d’installation du camp :

Piste dans la forêt mozambicaine

Piste dans la forêt mozambicaine

 

b) « Cut-line » pour les études sismiques (dans la pratique, une piste carrossable de 3 à 5m de large) région de Palma :

Cut-line

Cut-line

 

c) "Pantanos", dépressions marécageuses périodiquement inondées. Ces formations sont abondantes dans la partie centrale du plateau bordant la Rovuma :

Exemple d'un pantanos

Exemple d'un pantanos

[repérage aérien 2008 © Olivier Pascal/PNI]

 

d) Piste traversant une forêt sèche dégradée, région de Palma :

Une piste traversant la forêt sèche.

Une piste traversant la forêt sèche.

 

Document 4 : Valeurs moyennes mensuelles des températures et des précipitations à Maputo (Mozambique)

Valeurs moyennes mensuelles des températures

Valeurs moyennes mensuelles des températures

Ce document 4 pourra éventuellement être lié aux observations faites sur le document 3 (photos).

 
Canopée de forêt du Mozambique, en fin de saison des pluies

Canopée de forêt du Mozambique, en fin de saison des pluies

[© Olivier Pascal/PNI]

 

Document 5 : organisation de la forêt côtière au Mozambique (d’après la mission de reconnaissance de novembre 2008 – rapport de Jonathan Timberlake).

Il existe des différences significatives entre les forêts côtières au Mozambique et en Tanzanie. Les reliques de ces forêts en Tanzanie bénéficient d’un statut de protection de longue date, alors que celles du Mozambique, n’ont pas de statut de protection officiel, et la plupart ont été dégradées dans les 30-50 dernières années, même si les périodes de troubles (1975-1992) ont indirectement permis à certaines d’entre elles de se régénérer. Il en résulte un nombre moindre de grands arbres matures dans les forêts côtières mozambicaines, qui se trouvent, pour la plupart, à des stades variables de régénération. Des portions de ces forêts contiennent cependant de grands arbres, même si la plupart montrent des troncs multiples, issus de rejets et signe de perturbations passées (coupes pour l’agriculture et/ou l’exploitation du bois).

Dans la région du fleuve Rovuma (Palma), les forêts sont beaucoup plus étendues que dans le reste de la Province ; mais leur définition est malaisée. Ceci serait principalement dû à une topographie peu marquée, imprimant des variations subtiles et peu perceptibles dans le paysage. L’essentiel de cette zone oscille entre 90 et 140m d’altitude ; le terrain, légèrement ondulé, présente une mosaïque d’habitats, allant de zones herbeuses à différents faciès de forêts, en passant par des forêts claires de type Miombo. Les études sembleraient indiquer que l’étendue originelle de la végétation devait couvrir entre 250 et 300 km2, desquels environ 50 à 70% sont actuellement cultivés. La surface de forêts peu dégradées – celles qui possèdent encore un nombre important d’arbres matures – ne représenterait plus qu’environ 10 à 20 Km2. Les équipes ont souvent été confrontées à une importante mosaïque de (notamment dans la région Pundanhar – Nhica do Rovuma en allant vers la rivière Lunique) : dépressions marécageuses, savanes arborées, forêts claires, fourrés et forêts sèches.
Les forêts sont globalement des formations végétales possédant une canopée fermée, les couronnes des arbres se recouvrant partiellement, avec une strate arbustive distincte et sans tapis herbacé. Les forêts sèches sont caractérisées par une dominance d’espèces décidues ou xérophytes, bien que toutes les forêts rencontrées possèdent une proportion d’espèces sempervirentes. Pendant la saison sèche, d’avril à décembre, l’essentiel des arbres de la canopée sont défeuillés. L’appellation « forêts côtières» est généralement utilisée pour désigner des forêts au gradient de sécheresse variable, caractérisée par la présence d’espèces de répartitions restreintes à la région côtière Est africaine.

Type de forêt sèche à Guibourtia, plateau de Quiterajo

Type de forêt sèche à Guibourtia, plateau de Quiterajo

[© Rapport de reconnaissance - photo Jonathan Timberlake]

 

 
Autre type de Forêt à Micklethwaitia, région de Quiterajo

Autre type de Forêt à Micklethwaitia, région de Quiterajo

[© Rapport de reconnaissance, photo de Jonathan Timberlake]

 
Variété des paysages

Variété des paysages

[© JY Rasplus]

 

Et pour aller plus loin sur les besoins des végétaux, voici deux ouvrages utiles (ces ouvrages sont consultables à la médiathèque du Muséum à Paris : réservation pour l’accès en groupe scolaire tous les matins en semaine : 01 40 79 80 69) :

- Larousse des arbres, dictionnaire des arbres et des arbustes de Jacques Brosse chez Larousse : informations sur la vie de l’arbre et la nomenclature botanique ;

- Être plante à l’ombre des forêts tropicales
de Patrick Blanc chez Nathan : cet ouvrage permet d’évaluer les besoins des plantes susceptibles de se développer dans une forêt tropicale, en lien notamment avec les informations déduites du document 4 sur le climat. Il permet en outre d’aborder le sous bois et les plantes de sous bois, les zones de feuillage dans la forêt et la stratification. On pourra ainsi donner un sens au mot « canopée » et chercher pourquoi les arbres de la canopée sont plus gros et pourquoi ils produisent plus de matière organique que les arbres situés en dessous.

Document 6 :
photos de techniques d’exploration de la canopée Imaginer d’autres systèmes ou techniques permettant de connaître les caractéristiques de la canopée…

Arboglisseur utilisé pour l’exploration de la canopée lors de l’expédition Santo2006

Arboglisseur utilisé pour l’exploration de la canopée lors de l’expédition Santo2006

[© PNI]

 
Escalade des arbres pour collecter des échantillons dans la canopée

Escalade des arbres pour collecter des échantillons dans la canopée

[O. Dubuquoy|MNHN]

 

Compétences du socle commun pouvant être mises en œuvre :

Compétence 3 (culture scientifique) : pratiquer une démarche scientifique ; savoir utiliser des connaissances ; mobiliser ses connaissances pour comprendre des questions liés à l’environnement et au développement durable.

Compétence 4 (maîtrise des TIC) : créer, produire, traiter, exploiter des données ; s’informer, se documenter.

Compétence 5 (culture humaniste) : avoir des repères géographiques ; lire et utiliser différents langages (cartes, textes, images) ; avoir des outils pour comprendre l’unité et la complexité du monde.

Compétence 7 (autonomie et initiative) : faire preuve d’initiative.

Bibliographie :

Tous ces ouvrages sont consultables à la médiathèque du Muséum à Paris (réservation pour l’accès en groupe scolaire tous les matins en semaine : 01 40 79 80 69).
Etre plante à l’ombre des forêts tropicales de Patrick Blanc chez Nathan paru en 03 1999 épuisé mais disponible à la bibliothèque du MNHN.
La solidarité chez les plantes les animaux, les humains de J.M. Pelt  chez Fayard paru en poche le 7 juin 2006
Ecosystèmes de la Terre de Georg Grabherr Editions Eugen Ulmer 14 avril 1999.
Les paysages végétaux du Globe de A Huetz de Lemps chez Masson.
Le Larousse des arbres de Jacques Brosse chez Larousse 03 2004 épuisé mais disponible à la bibliothèque du MNHN.
Botanique systématique de Judd Campbell Kellog Stevens chez De Boeck université 2001.
Les écosystèmes, Encyclopaedia Universalis.